J'aime la Haine

De tout temps et en toute situation chaque association requière un parrain et une marraine. Livrer ainsi une pensée des plus profondes est-ce faire preuve de folie ou de sagesse ?

Sur les traces d’Emile Zola je crie simplement j’aime la Haine :    

Celle qui construit le monde, celle qui empêche les imbéciles, les ignares de commettre les actes immondes. Il est vrai que Mr Zola l’exprime bien mieux que moi dans « Ecrits sur l’art » publié par Gallimard. Comme j’aurai aimé avoir l’honneur de discourir avec lui. Qu’elle vision aurait-il sur l’humanité d’aujourd’hui ? Nul ne peut répondre à cette question. En attendant de trouver un parrain digne de « Bouquet de FemmeS » et qui s’inscrirait dans les vers et les pensées d’Emile Zola, celles qui nous ressemblent tant, permettez-moi humblement de lui emprunter ses mots.

« Mes Haines

La haines est sainte. Elle est l’indignation des cœurs forts et puissants, le dédain militant de ceux que fâchent la médiocrité et la sottise. Haïr c’est aimer, c’est sentir son âme chaude et généreuse, c’est vivre largement du mépris des choses honteuses et bêtes.

La Haine soulage, la haine fait justice, la haine grandit. Je me suis senti plus jeune et plus courageux après chacune de mes révoltes contre les platitudes de mon âge. J’ai fait de la haine et de la fierté mes deux hôtesses ; je me suis plu à m’isoler, et, dans mon isolement, à haïr ce qui blessait le juste et le vrai. Si, je vaux quelque chose aujourd’hui, c’est que je suis seul et que je hais.

 

Je hais les gens nuls et impuissants ; ils me gênent. Ils ont brûlé mon sang et brisé mes nerfs. Je ne sais rien de plus irritant que ces brutes qui se dandinent sur leurs deux pieds, comme des oies, avec leurs yeux ronds et leur bouche béante. Je n’ai pu faire deux pas dans la vie sans rencontrer trois imbéciles, et c’est pourquoi je suis triste. La grande route en est pleine, la foule est faite de sots qui vous arrêtent au passage pour vous baver leur médiocrité à la face. Ils marchent, ils parlent, et toute leur personne, gestes et voix, me blesse à ce point que je préfère, comme Stendhal, un scélérat à un crétin. Je le demande, que pouvons-nous faire de ces gens-là ? Les voici sur nos bras, en ces temps de luttes et de marches forcées. Au sortir du vieux monde, nous nous hâtons vers un monde nouveau. »

Oui hâtons-nous vers un monde nouveau, enclin à l’ouverture des esprits…

Une seule question domine quel parrain saura relever le gant ?